Quelle émotion! Si je vous disais qu’elle est apprise? Du moins en grande partie. Je suis persuadé que vous me diriez que non, c’est nos défenses naturelles de base. Bon, alors, vous placeriez un enfant de quelques mois, en plein milieu d’un boulevard, et je suis convaincu qu’il ne ressentirait aucune peur, ni devant un tigre, ou sur le toit d’un édifice de 20 étages… Vous me suivez?

Déjà à cet âge, il observera, vous regardera dans les yeux et captera vos émotions face à ce qui est en train de se passer. Sans même comprendre les mots, expressions de l’entourage, son cerveau enregistre tout.

Bien sûr, par la suite, quand le langage se développe, bien votre vocabulaire, s’ajoute à l’expérience, comme de nouvelles données. Pour ma part, des « faites attention à ceci, cela », j’en ai entendu à répétition surtout venant de mon père, qui était le type phobique, hypocondriaque, en état de panique très souvent. Alors, pas besoin de vous dire, que pour moi, la vie est devenue très tôt, quelques choses de très dangereuses. Il me vient une autre de ses phrases typiques, juste au moment de quitter la maison; « faites attention aux accidents… » comme si on pouvait les prévoir…!

Avec l’âge, des mises en situations, certaines peurs perdront de l’importance, par la réalisation même, que celles-ci étaient plutôt exagérées. Mais plus ou moins consciemment, d’autres nous feront prendre des voies d’évitement. Par exemple, si on vous a élevé avec l’idée que prendre les ascenseurs est risqué, que souvent elles bloquent, qu’on peut manquer d’air, etc. Bien, il y a de grosses chances que vous favorisiez les escaliers plutôt. Ou bien qu’on vous dise que les chiens souvent mordent, ou risquent de vous attaquer sans avertissement, que l’un de vos proches a déjà passé par là, bien vous serez méfiant de ceux-ci.

À tout ça, s’ajoute l’expérience directe. Tout petit par hasard, vous passez tout près de vous noyer, vous suffoquez, en plus des cris de vos proches en train de vous secourir, bien adulte, il se peut que vous cherchiez à vous tenir loin des espaces d’eau. Une forme de syndrome « post-traumatisme » s’est installé en vous.

La peur peut aussi servir à masquer d’autres émotions non permises ou non acceptés. Comme la colère, la peine, qui n’étaient pas les bienvenues dans notre enfance, ou par la société…comme « un gars, un homme, ça ne pleur pas!, et une fille, une femme ne doit pas exprimer de colère. Dans mon monde, ces « lois »  furent plutôt inversées…

Nul besoin de vous parler de la composante biochimique de la peur et bien d’autres émotions. La boisson, les drogues, le café, bien des substances viennent ajouter, voir diminuer ses effets ou les transformer complètement. Pour certains, on va même rechercher constamment sa présence. Aux risques d’en perdre leurs vies…La peur est comme une drogue, ils recherchent de l’adrénaline dans toutes sortes d’activités à hauts risques. Mais je n’embarquerai pas sur ce terrain, ce n’est pas le but de cet exposé, et les compétences me manquent dans le domaine. Et je pense qu’on n’a pas fini d’en découvrir au niveau cérébral tant au niveau humain, que chez les animaux.

Mais la peur a une autre dimension. Peu connu celle-là, mais pour ceux qui y portent attention, elle peut révéler des choses sur vous. Bon, tout le monde connait le proverbe; « la peur est mauvaise conseillère ». Et je suis d’accord, quand celle-ci est exagérée ou trop forte. À un niveau raisonnable, je dirais qu’elle vous parle, et en général, de conflits intérieurs. Une situation vous attire et à la fois vous repousse. Donc, un élément qui est à la fois important pour vous, mais en même temps très à risque. Souvent en rapport à votre image personnelle, vos valeurs apprises, vos conditionnements…

Exemple; vous désirez faire la rencontre d’une certaine demoiselle qui vous plait, un besoin important pour vous, mais vous sentez un trac, un grand risque d’avoir l’air fous, de bafouiller, vous sentez le dilemme, le tiraillement, l’envie de faire un pas en avant, et un en arrière aussi. Vous ne savez plus sur quels pieds danser. Bien cette peur marque l’importance qu’a pour vous cette personne. Si cette fille vous intéressait peu ou pas du tout, vous ne sentiriez pas de peur à aller lui parler…

Un autre exemple, vous avez très peur de mourir. Celle-ci vous obsède tout d’un coup dans votre vie. Vous êtes en foyer, âgé un peu. Les journées sont longues. Vous entendez parler d’épidémies qui courent, ou d’un virus contagieux, un genre de « corona »…Jusqu’alors, ces choses ne vous stressaient pas vraiment. Cette peur peut vous révéler à quel point la mort vous attire, et vous repousse bien sûr par son côté disons inconnu, et peut-être douloureuse…Cette peur donc, cache une forme de dépression, la vie ne vous dit plus rien. Alors, ce choix (la mort) apparait soudainement comme la porte de sortie…Celle-ci peut se présenter à tout âge…dépendant de vos situations de vie, un signal pour aller chercher de l’aide…

En temps de crise comme on traverse avec le coronavirus, où là, on se retrouve confiné entre quatre murs, les moyens de fuites qu’on avait pour ne pas sentir nos problématiques de vie, peuvent engendrer ce type de peur parfois exagéré. D’un bord vous êtes attiré par cette maladie grave, et de l’autre la souffrance vous inquiète énormément. Toujours la même dynamique intérieure, cela vous attire et vous repousse en même temps. Non seulement l’idée de carrément mourir, mais aussi, si vous êtes en grand manque affectif, d’attention, la maladie peut devenir « attirante » pour recevoir de l’écoute, des petits soins…vous me suivez? Il y a même des gens qui vont jusqu’à simuler, inconsciemment, des symptômes, pour cette attention tant recherchée. On a donné un nom à cette forme d’hystérie, Le syndrome de Münchhausen, si jamais vous voulez fouiller…Mon père en était surement atteint, surtout qu’il était plutôt rejeté par ma mère, et un peu nous tous…Quand il voulait quelques choses, si par les mots ça ne marchait pas, bien l’autre option, ce syndrome apparaissait. Et là, ce « pauvre » lui, fallait l’aider…

Personnellement, j’ai la nette impression qu’on exagère énormément la pandémie autour du coronavirus. En quelques part, ça sent « le contrôle »…Chaque jour on multiplie les peurs, par des chiffres, des courbes toujours à la hausse. Alors que jamais on ne les compare avec d’autres types de décès, comme le cancer, l’Alzheimer, le cœur, toutes sortes de pneumonies d’origines autres que ce virus. Une vraie vague de délires d’hystéries collectives. Mais ça fonctionne, les gens écoutent, comme à l’époque des religions, où on mettait des péchés graves pour tout et pour rien. Vous brûlerez en enfer! si vous ne suivez pas nos commandements…La peur a certainement un côté amplificateur, alors, elle devrait être utilisé avec modération…et ne pas donner tout le pouvoir à nos dirigeants. Gardez vous un droit de doute sur ce qui est véhiculé…

Juste une parenthèse ici, j’entendais hier un individu sur mon radio amateur qui mettait en doute ces théories qui voudraient que le virus viendrait de deux animaux, importés en Chine. Alors, il soulevait la question à savoir; comment se fait-il que des prisonniers, déjà en confinement depuis des années, dans des prisons d’ici, pouvaient avoir contracté ce virus? Très bonne question non ? Je vois deux moyens rapides de sortir de prison, autre que l’évasion bien sûr…, soit la mort, ou une grave maladie contagieuse! Voyez l’élément que je parlais plus tôt? « Cela vous attire et vous repousse en même temps »…Donc, une partie de ce virus ne serait-il pas déjà en nous? comme bien d’autres d’ailleurs?

Pour terminer sur une note encore plus profonde, voire spirituelle, arrêtez-vous un instant sur ce que j’ai mentionné plus haut, « que tout est appris ». Et ça ne vient pas de moi, je n’improvise rien ici, moi aussi, tous ces éléments ont été appris, lus, vu quelques-parts sur mon chemin de vie. Livres de psychologie, philosophie, témoignages de sages, conférences. Des décennies de recherches dans mon cas. Je vous le partage, car je crois que ça peut rejoindre d’autres chercheurs comme moi. Homme, femme, jeunes, peu importe.

Donc, qui êtes-vous sans ces éléments appris? Une grande question non ? Que reste-il qui ne soit que de vous? J’espère que vous me suivez dans ce raisonnement, car sous cette forme de vide, se cache l’infini…la conscience même, l’être que vous êtes vraiment, qui ne connait pas le temps, car il a toujours été là !. Bon, peut-être vous me direz qu’il reste votre corps, qui est bien vôtre et unique. Oui et non, il est le résultat des gènes de vos parents, grands-parents, et de tas de processus dont vous n’avez aucun contrôle. Et il est en constante transformation, de bébé jusqu’à vos derniers jours. Alors, difficile de le prendre comme référence de vous-même non ?

Bien avant d’être médecin, avocat, secrétaire, artiste, sportif, courageux, riche, pauvre, scientifique, ingénieur, etc., donc tous des chemins appris, comme programmés…bien il y a l’indéfinissable, sans individu à défendre, à faire valoir, vous n’êtes rien de ce que vous croyez être. Voilà le grand mystère de la vie. Vous n’êtes rien de plus que ce cheval dans le pâturage, qu’un chat, qu’un magnifique colibri, vous êtes la vie, et partie intégrante de ce monde. Rien de plus, rien de moins à l’origine. Et j’ajouterais, ni même plus utile ! Là, je vous entends rouspéter…Les cimetières sont pleins de gens irremplaçables, des grands hommes, femmes, qui ont changé le cours de l’humanité…Ah! oui ? Voyez dans quel état nous sommes aujourd’hui? L’humain est devenu le pire destructeur de vie sur la planète. Que dire de la pollution, l’environnement, les relations humaines, internationales, et puis là, un virus de cause humaine, d’une façon ou d’une autre…, propagé dans le monde entier. Bref, rien pour être fier non ? Et j’aurais bien d’autres éléments à ajouter à la liste…Y-a-t- il  un seul autre animal sur terre qui ait causé autant de maux ?

Et si votre environnement, votre culture, votre société vous a « forgé », tant au niveau de ce que vous êtes devenu, que la vision que vous avez aujourd’hui de la vie, alors, avez-vous le libre arbitre? Vos choix sont-ils bien les vôtres? Ou l’ont-ils été ? Se pourrait-il qu’ils soit apparu bien avant vous? Et vos proches, ont-ils choisi pleinement leurs vies eux aussi? Les « erreurs » commises sont-ils bien de vous ou de votre conditionnement? Votre héritage de ces grands hommes et grandes femmes vous a-t-il si bien servi?

Tout ceci donne place à bien de la compassion non? Tant pour vous, vos choix, vos gaffes, vos peurs, que pour les autres aussi non ? Un beau sujet de méditation pendant cette période d’arrêt « forcé »…Vous essayez d’être qui, quoi, pour qui, pour quoi ??? Est-ce bien vous?

Cet être sans vous…, sans tous ces conditionnements, qui a toujours été là, cette conscience divine, bien c’est ça « l’illumination », ou « l’éveil », que parle les grands sages. Bon encore un titre de noblesse !!! Ça n’existe pas vraiment ça non plus…que des concepts pour nous éblouir! Nous sommes tout et rien à la fois…et le grand paradoxe, c’est qu’il n’y a rien à faire pour l’atteindre, c’est déjà LÀ ! Vous y êtes déjà, ici et maintenant…vous le voyez? Trop simple hein? Notre mental n’aime pas vraiment cet état de fait…il n’y a comme pas de médaille à gagner, de grandes ascensions pour y parvenir…aucun « devenir », c’est plate hein ? Encore une fois, suivez l’exemple des animaux…comme un chat tient, il n’a aucun problème à demeurer des heures dans le cadre de la fenêtre, aucun jugement, aucune obligation, aucune recherche, aucun devenir….la grosse paix! Et pas de nuisance à personne.

Autre point, l’erreur de bien des chercheurs dans ce domaine, c’est de croire qu’en étant en contact avec cette conscience, qu’on va atteindre une paix éternelle, un état de grâce permanent ! Impossible….tant qu’on demeure incarné, rien à faire, votre « programmation » sera à l’œuvre pour vous, bien au-delà de vous, de votre vouloir. Il faut laisser la folie s’exprimer, elle a des siècles « d’évolution » si on peut appeler ça ainsi. Pourquoi c’est comme ça ? Je n’en ai aucune idée…évitons tout jugement, car ça ne ferait qu’empirer les choses. On ne peut que le constater à tous les jours, autour de soi, en soi, dans les médias…et disons plus visible en ce moment de pandémie de l’an 2020, la peur nous rendant tous un peu dingue!

Bonne réflexion !